C'est pour enrichir le paysage intellectuel européen d’une nouvelle revue musicale que Filigrane est née. Filigrane se consacrera à la musique considérée comme un champ de forces où s’élabore le sens, une activité métaphorique où l’homme emploie ses facultés à construire tant le monde que lui-même. Les sciences humaines y croisent donc naturellement la singularité de l’art : une pensée en acte, non discursive, une pensée de l’expérience humaine, médiatisée par l’invention et la disposition d’un matériau dans le temps et dans l’espace. Filigrane souhaite aborder sans esquive les thèmes difficiles et épineux (politiques, sociaux, spirituels et intellectuels…) que rencontre la musique et, de ce fait, associera constamment à ses réflexions des chercheurs de toutes disciplines (philosophes, psychologues, anthropologues, sociologues, historiens…) aussi bien que des artistes qui témoignent de leur expérience.

Penser le sens, l’inscription et la diversité des formes musicales au sein de sociétés confrontées, à l’aube du XXIème siècle, à une métamorphose sans précédent, telle est la responsabilité qu’intellectuels et artistes, ensemble, doivent assumer pleinement. Et il importe que cette réflexion soit critique. Filigrane souhaite accueillir et favoriser les débats au sein de la communauté universitaire et artistique, renforcer les échanges entre les diverses approches de la musique et élargir la notion même de musicologie.


Filigrane n°9, « L'individuel et le collectif dans l'art »

sous la direction de Joëlle CAULLIER et Jean-Paul OLIVE

 

Editions Delatour, septembre 2009
  ISSN 1773-9128 / 20,00€ / 230 pages

     La thématique de ce numéro, sous l’intitulé « je, nous, on », proposait aux auteurs de penser, du point de vue de l’art, la relation de l’individu avec la collectivité, envisagés l’un et l’autre tant dans leur acception des Lumières européennes (un sujet rationnel, acteur du Contrat social) que dans leurs déclinaisons plus contemporaines ou culturellement éloignées. On s’est donc efforcé ici, à travers l’observation précise d’œuvres et d’écrits, de parcours et d’attitudes d’artistes ou encore de pratiques sociales, de mieux comprendre comment, à travers l’art, nos contemporains engageaient leur responsabilité dans la construction d’un espace commun et sur quelles valeurs ils fondaient le vivre ensemble.